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Quelques mots sur mon travail

Peintre d’abord, j’ai découvert la gravure en 1988 grâce à un ami qui travaillait à l’atelier Lacourière-Frélaut à Paris. C’est là que j’ai fait ma formation de graveur et où j’ai appris à imprimer. Très vite j’ai compris la complémentarité de la gravure avec la peinture et j’utilise les deux médiums pour exprimer essentiellement la même chose, un peu comme si j’avais recours à deux langues différentes. Je peins et je grave une certaine vision du corps humain et de la nature : arbres, oiseaux, poissons et récemment j’ai commencé une série de toiles et gravures intitulée « Géographies ».

Le dessin reste fondamental pour moi. Il me permet « d’apprivoiser » le monde visuel qui m’entoure, de renouveler mon vocabulaire de formes et de nourrir mon imaginaire. Le côté lent et indirect de la gravure est tout suite entré « en dialogue » avec la peinture qui donne à priori des résultats plus immédiats. Pour moi la peinture est la couleur et l’accumulation de matières contrairement à la gravure qui privilégie l’exploration de toutes les nuances du noir et blanc et qui est le résultat d’une fusion entre l’encre et le papier grâce à l’impression de la plaque. Conscient qu’aujourd’hui il coexiste une multitude de moyens pour créer des images, je pense néanmoins que la gravure reste pertinente et inventive. Elle a un rapport à l’image - et au temps - qui est propre à elle-même.

J’utilise des techniques très simples et souples. La plupart du temps je mélange l’aquatinte et la pointe sèche. Je peux me concentrer sur une seule plaque tout comme je peux juxtaposer plusieurs plaques pour composer mon image. Ainsi j’espère explorer d’autres manières d’occuper l’espace avec l’image gravée afin que la gravure continue à s’interroger sur ses moyens comme sur sa finalité pour rester vivante.



Montaren, avril 2004